Madame, Monsieur,

Les émeutes qui ont eu lieu en France au cours des mois de juin et de juillet 2023 ont mis en lumière, avec une gravité exceptionnelle, le malaise profond qui règne dans nos quartiers. Les difficultés que rencontrent nos banlieues ne sont pas nouvelles mais leur persistance a aggravé la situation, mettant en évidence l’échec des politiques publiques menées depuis près de 40 ans.

Maire de L’Haÿ-les-Roses depuis 2014, j’ai pu constater année après année l’impuissance de l’Etat pour résoudre les problèmes de nos quartiers : pauvreté endémique, recul des services publics, échec scolaire, montée des inégalités et insécurité grandissante et structurelle n’ont eu de cesse de dégrader le cadre de vie de nos concitoyens. Si ces quartiers sont présentés comme “prioritaires”, force est de constater que le sentiment général qu’éprouvent leurs habitants relève davantage de l’abandon et de la relégation.

Malgré le dévouement inlassable des réseaux associatifs, des élus, des nombreux habitants de ces quartiers qui se battent chaque jour pour les rendre meilleurs, le constat est alarmant et c’est toute la promesse républicaine que nous voyons se déliter sous nos yeux.

Pourtant, depuis 20 ans, les plans d’urgence se succèdent les uns après les autres et rien ni personne ne semble en mesure d’inverser le mouvement d’enlisement dans lequel s’enfoncent ces territoires de plus en plus éloignés de la République.

Après ce qui s’est produit l’été dernier, je ne peux pas m’y résoudre.

C’est pourquoi depuis 9 mois, j’ai rencontré par dizaines les élus, les acteurs associatifs, les entrepreneurs, les professionnels du logement social, de l’habitat, de la construction, de la sécurité, de l’enseignement, de l’enfance qui, comme moi comme Maire, travaillent tous les jours dans ces quartiers. Ces échanges m’ont permis de recueillir d’innombrables témoignages mais surtout d’entendre des idées nouvelles pour sortir de l’ornière.

Convaincu que les solutions aux problèmes que rencontrent nos quartiers ne peuvent provenir que de ceux qui y vivent et y travaillent, j’ai entrepris de constituer un recueil de ces propositions sous la forme d’un Plan anti-ghettos.

Les solutions qu’il comprend sont nombreuses, innovantes, ambitieuses. Mais il manque une chose essentielle : vous.

Hommes, femmes, jeunes, séniors, actifs, chômeurs, artistes, étudiants… personne mieux que vous qui y vivez, y grandissez, y élevez vos enfants, ne peut parler de ces quartiers.

C’est pourquoi j’ai voulu aussi vous donner la parole, par l’intermédiaire de cette plateforme. Je veux y recueillir vos avis, vos propositions, vos initiatives pour porter ensemble dans le débat public des solutions de bon sens, sans a priori politique pour sortir nos quartiers de la crise dans laquelle ils se trouvent.

J’ai l’intime conviction que c’est par ce travail collectif, patient et réfléchi que nous pourrons dégager des solutions concrètes pour permettre à la jeunesse de ces quartiers de se sentir pleinement appartenir à la République.

Nous avons collectivement un rôle à jouer et chacun d’entre nous est un rouage essentiel de la société.

Soyons les acteurs d’un sursaut collectif !

Vincent JEANBRUN